Recommandation :
| SCHÉMAS UTILISANT LA MIFÉPRISTONE ET LE MISOPROSTOL | SCHÉMAS UTILISANT LE MISOPROSTOL SEUL | |
| Contre-indications |
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Poids de la recommandation : faible
Qualité des éléments factuels : spécifiée ci-après pour chaque contre-indication ou précaution spécifique
Définitions
Contre-indications : il ne faut en aucun cas proposer un avortement médicamenteux en utilisant le schéma de traitement qui y correspond à une personne se trouvant dans l’une des situations spécifiques décrites plus loin. Il est possible, en fonction du cas, de lui proposer une aspiration intra-utérine, une procédure de dilatation et évacuation ou un traitement pour une grossesse extra-utérine.
Précautions : Pour toute personne se trouvant dans l’une de ces situations spécifiques, un avortement médicamenteux par le schéma de traitement correspondant peut entrainer des risques plus importants que la normale. Il convient donc d’envisager les risques, les avantages et les alternatives à un avortement médicamenteux. Le recours à un avortement médicamenteux chez une personne qui se trouve dans l’une de ces situations peut nécessiter un niveau de jugement clinique plus élevé, davantage de compétence de la part du prestataire et/ou un suivi plus attentif. Le renvoi vers un établissement hospitalier de niveau supérieur ou la prise en charge à l’aide d’un autre traitement peuvent être nécessaires.
Contre-indications
Antécédents de réaction allergique à l’un des médicaments utilisés : Des réactions allergiques ont été décrites après l’utilisation de mifépristone et de misoprostol (Bene et al., 2014 ; Cruz et al., 2009 ; Das et al., 2023 ; Hauseknecht, 2003 ; Tupek, et al., 2022 ; Sahraei, Mirabzadeh et Eshraghi, 2016 ; Schoen, et al., 2014 ; Zhang, et al., 2019). Qualité des éléments factuels : élevée
Grossesse extra-utérine confirmée ou suspectée : La mifépristone et le misoprostol ne traitent pas une grossesse extra-utérine et l’utilisation de ces médicaments risque de retarder le diagnostic de cette pathologie représentant une menace pour le pronostic vital. Qualité des éléments factuels : élevée
Porphyrie héréditaire : Les porphyries sont un groupe de troubles métaboliques rares dans lesquels des mutations génétiques altèrent la synthèse de l’hème par l’organisme. Théoriquement, la mifépristone pourrait exacerber les symptômes de porphyrie (Ventura, Cappellini et Rochi, 2009). Qualité des éléments factuels : très faible. Il n’y a pas eu d’études humaines mais les modèles animaux indiquent un effet de la mifépristone (Cable, et al., 1994).
Insuffisance surrénalienne chronique : La mifépristone est un antagoniste des récepteurs des glucocorticoïdes (Spitz et Bardin, 1993). Elle bloque les mécanismes de feedback négatif qui contrôlent la sécrétion de cortisol. Pour les personnes souffrant d’insuffisance surrénalienne sous traitement à long terme par des corticostéroïdes, l’exposition à la mifépristone est susceptible d’exacerber la maladie sous-jacente (Sitruk-Ware et Spitz, 2003). Qualité des éléments factuels : très faible. On ne dispose pas de données sur l’utilisation de mifépristone chez les personnes enceintes souffrant d’insuffisance surrénalienne mais des données expérimentales et chez l’animal plaident en faveur de cette recommandation.
Précautions
Présence d’un dispositif intra-utérin (DIU) : Si une personne est enceinte avec un dispositif intra-utérin en place, cela implique un risque significativement plus élevé de grossesse extra-utérine (Barnhart, 2009) et cette patiente doit être évaluée pour rechercher une éventuelle grossesse extra-utérine. Si la grossesse s’avère être intra-utérine, il est nécessaire de retirer le dispositif intra-utérin avant le début de l’avortement médicamenteux en raison du risque théorique de perforation utérine suite aux contractions lors de l’avortement médicamenteux et du risque potentiel d’infection (Danco, 2016 ; Davey, 2006). Qualité des éléments factuels : très faible. Il n’y a pas eu d’études pour vérifier si la présence d’un dispositif intra-utérin engendre réellement des risques lors d’un avortement médicamenteux.
Problèmes de santé graves ou instables : Les études sur l’avortement médicamenteux excluent généralement les personnes souffrant d’anémie sévère ou de graves problèmes médicaux (Christin-Maitre, Bouchard et Spitz, 2000 ; Sitruk-Ware et Spitz, 2003). Les études disponibles estiment une baisse du taux d’hémoglobine comprise entre 0,1 et 0,7 g/dl lors d’un avortement médicamenteux avant la 13e semaine (Rose, Putnam et Espey, 2025).
Un cas clinique (Hou, 2016) décrit la réussite d’un avortement médicamenteux chez une patiente souffrant d’une légère hémophilie ; cette patiente a reçu un traitement médicamenteux supplémentaire spécifique pour minimiser le risque de saignements. Trois cas cliniques décrivent un spasme vasculaire aigu des artères coronaires induit par le misoprostol qui a nécessité dans un cas la mise en place d’une endoprothèse vasculaire coronaire (Illa, et al., 2010 ; Mazhar, Sultana et Akram, 2018 ; Munoz-Franco, et al., 2019). Un rapport de cas fait état d’une dissection spontanée d’une artère coronaire qui pourrait être liée à la prise de misoprostol (Motaweih et al., 2025). Le choix de proposer ou non un avortement médicamenteux à des personnes souffrant de problèmes médicaux dépendra du jugement clinique du prestataire, des possibilités de monitorage et des options disponibles pour des soins d’avortement sécurisé. Qualité des éléments factuels : très faible.
Asthme sévère non contrôlé ou traitement à long terme par des corticostéroïdes : La mifépristone est un antagoniste des récepteurs des glucocorticoïdes (Spitz et Bardin, 1993). Elle bloque les mécanismes de feedback endocrinien négatif qui contrôlent la sécrétion de cortisol. Chez les personnes sous traitement corticoïde à long terme pour asthme sévère ou non contrôlé, la mifépristone est susceptible d’exacerber la maladie sous-jacente (Sitruk-Ware et Spitz, 2003). Il n’y a pas eu d’études directes sur l’avortement médicamenteux chez les personnes sous traitement par des corticostéroïdes mais une analyse suggère qu’une augmentation de la dose de stéroïdes pourrait contrecarrer l’effet antagoniste de la mifépristone sur le cortisol (Davey, 2006).
L’avortement médicamenteux n’a pas été étudié chez les personnes asthmatiques nécessitant un traitement systémique par des corticostéroïdes puisque l’administration de mifépristone à ces personnes engendre un risque d’exacerbation de leur asthme. Une analyse suggère de se montrer particulièrement prudent lors de l’administration de mifépristone à ces personnes et de ne le faire que si leur asthme est bien contrôlé (Davey, 2006). La dose de glucocorticoïdes doit être augmentée pendant plusieurs jours avant et après la mifépristone. D’autres spécialistes recommandent de ne pas administrer de mifépristone aux personnes souffrant d’asthme sévère insuffisamment contrôlé qui sont sous traitement à long terme par des corticostéroïdes en raison du caractère potentiellement mortel d’une crise d’asthme aiguë (Christin-Maitre et al., 2000 ; Creinin et Gemzell Danielsson, 2009 ; Sitruk-Ware, 2006).
Les corticostéroïdes en inhalation pour le traitement de l’asthme ne sont pas absorbés par voie systémique et ne constituent pas une contre-indication à la mifépristone. Certains spécialistes recommandent de proposer l’utilisation de la mifépristone et du misoprostol aux personnes asthmatiques qui ne sont pas sous traitement à long terme par des stéroïdes par voie systémique (Creinin et Gemzell Danielsson, 2009). Qualité des éléments factuels : très faible.
Bibliographie
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Christin-Maitre, S., Bouchard, P. et Spitz, I. M. (2000). Medical termination of pregnancy. New England Journal of Medicine, 342(13), 946-956.
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