Recommandation :
- Une antibiothérapie systématique n’est pas recommandée dans le cas d’un avortement médicamenteux.
- Administrer une antibiothérapie curative aux personnes qui présentent des signes ou symptômes d’infections sexuellement transmissibles. Les partenaires de ces personnes nécessitent également un traitement. Le traitement ne doit en aucun cas retarder l’avortement médicamenteux.
Poids de la recommandation : important
Qualité des éléments factuels : très faible
Risque d’infection
Le risque global d’infection rapporté dans les études prospectives portant sur l’avortement médicamenteux à l’aide de mifépristone et de misoprostol ou de misoprostol administré seul avant 13 semaines de gestation est approximativement 0.01-0.5% (Cheng et al., 2025 ; Chen et Creinin, 2015 ; Upadhyay et al., 2015). Des études rétrospectives indiquent des taux d’infection similaires après un avortement médicamenteux pratiqué en autonomie (Cheng et al., 2025). Les infections graves nécessitant une hospitalisation sont extrêmement peu fréquentes : dans des études rétrospectives à grande échelle réalisées aux États-Unis, leur incidence variait entre 0,03 et 0,09 % (Fjerstad, et al., 2009 ; Henderson, et al., 2005).
Les taux d’infection consécutive à un avortement médicamenteux à partir de 13 semaines de gestation sont plus difficiles à déterminer, dans la mesure où la fièvre est un effet indésirable fréquent suite à l’administration de doses répétées de prostaglandines. Les données disponibles font état d’un taux d’infection de 1 à 3 % après un avortement médicamenteux à partir de 13 semaines de gestation (Achilles et Reeves, 2011).
Mortalité associée à des infections
Neuf cas d’infection généralisée fatale à clostridies sont survenus en Amérique du Nord suite à un avortement médicamenteux par la mifépristone et le misoprostol (Cohen et al., 2007 ; Fischer et al., 2005 ; Meites, Zane et Gould, 2010 ; Sinave, et al., 2002). Un décès dû à un streptocoque du groupe A, a été décrit en Australie et un décès dû à Clostridium sordelli a été signalé au Portugal (Reis et al., 2011) chez des femmes ayant utilisé la mifépristone et le misoprostol. Le taux global de mortalité consécutif à des infections après un avortement médicamenteux demeure extrêmement faible, à savoir 0,58 pour 100 000 avortements médicamenteux (Meites et al., 2010).
Antibiothérapie prophylactique
Il n’y a pas eu d’études randomisées et contrôlées portant sur les effets d’une antibiothérapie prophylactique sur les conséquences d’un avortement médicamenteux (Cheng et al., 2025 ; Low, et al., 2012). En raison du nombre important de personnes qui devraient recevoir des antibiotiques pour prévenir une seule infection et du coût et des effets indésirables des antibiotiques, l’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG, 2020), la Society of Family Planning (Cheng et al., 2025), le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (RCOG, 2022) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS, 2024) ne préconisent pas l’administration systématique d’antibiotiques avant un avortement médicamenteux.
Antibiothérapie curative
Les personnes à haut risque doivent faire l’objet d’un dépistage des infections sexuellement transmissibles. Les personnes qui présentent des signes et symptômes d’infections sexuellement transmissibles doivent bénéficier sans retard de soins d’avortement et recevoir une antibiothérapie appropriée conformément aux schémas de traitement basés sur des données factuelles (Cheng et al., 2025 ; OMS, 2024 ; OMS, 2021). Les partenaires de ces personnes nécessitent également un traitement (OMS 2021 ; OMS, 2025).
Ressources
Bibliographie
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Sinave, C., Le Templier, G., Blouin, D., Leveille, F. et Deland, E. (2002). Toxic shock syndrome due to Clostridium sordellii : A dramatic postpartum and postabortion disease. Clinical Infectious Diseases, 35(11), 1441-1443.
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Organisation mondiale de la Santé. (2021). Guidelines for the management of symptomatic sexually transmitted infections. Genève. Éditions de l’ Organisation mondiale de la Santé.
