Actualités cliniques dans le domaine de la santé reproductive

ANNEXE: Tableau des analgésiques

Dernière révision: 10/01/2026

Les médicaments cités ci-après sont fréquemment utilisés pour assurer le contrôle de la douleur lors d’une aspiration intra-utérine ou d’une procédure de dilatation et évacuation mais il existe de multiples autres possibilités. Ce tableau ne reprend pas les anesthésiques généraux.

Les anxiolytiques et les narcotiques peuvent induire une dépression respiratoire, surtout lorsqu’ils sont utilisés simultanément. Dès lors, en cas d’utilisation concomitante, il convient de réduire les doses par rapport à celles administrées lorsqu’ils sont employés séparément. Lorsque des médicaments sont administrés par voie intraveineuse juste avant la procédure, l’administration doit être lente et intermittente et être effectuée par un prestataire formé à cet effet. On peut éviter les effets indésirables susceptibles de poser problème en injectant à plusieurs reprises de faibles doses par voie intraveineuse jusqu’à parvenir au degré d’analgésie et de sédation voulu chez la personne concernée. L’effet maximal des analgésiques doit se manifester pendant la procédure afin d’éviter une sédation post-opératoire excessive.

Même les cliniciens qui ne recourent qu’à un plus faible degré de sédation pour assurer l’analgésie doivent être à même de traiter un arrêt respiratoire dans l’éventualité fort peu probable d’un surdosage accidentel. Les prestataires doivent être formés au dégagement des voies respiratoires et à la réanimation cardiopulmonaire et du matériel de réanimation et des antagonistes appropriés (naloxone et flumazénil) doivent être disponibles.

Clause de non-responsabilité : Ce document est destiné à offrir une source d’informations supplémentaires aux cliniciens et ne doit EN AUCUN CAS remplacer les informations figurant dans les notices des médicaments ou le jugement clinique tenant compte de la situation individuelle de la patiente et des possibilités de l’institution.

Type de médicament Nom générique Posologie et moment d’administration Demi-vie Effets indésirables Commentaires
Anesthésique local
Voir « Contrôle de la douleur : bloc paracervical »
Lidocaïne 20 ml d’une solution à 1 % ou 10 ml d’une solution à 2 % pour le bloc paracervical ; ne pas dépasser 4,5 mg/kg 60 à 90 minutes

Bourdonnements d’oreille ; étourdissements ; engourdissement des lèvres, de la bouche et de la langue ; goût métallique.

Extrêmement rare : convulsions

  • Tirer légèrement sur le piston avant de procéder à l’injection pour éviter une injection intravasculaire.
  • Les réactions allergiques sont extrêmement rares. Les réactions peuvent être dues aux conservateurs présents dans les flacons multidose. Les allergies à la lidocaïne sans conservateurs sont extrêmement rares.
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) Ibuprofène Par voie orale : 400 à 800 mg une heure avant la procédure 2 heures Possibilité de troubles gastro-intestinaux Ne pas utiliser chez les personnes souffrant d’ulcère peptique actif ou d’insuffisance rénale.
Naproxène Par voie orale : 500 mg une heure avant la procédure 12 à 17 heures Possibilité de troubles gastro-intestinaux Ne pas utiliser chez les personnes souffrant d’ulcère peptique actif ou d’insuffisance rénale.
Kétorolac

Par voie orale : 20 mg une heure avant la procédure.IV : 30 mg administrés en au moins 15 secondes 30 à 60 minutes avant la procédure.

IM : 60 mg 30 à 60 minutes avant la procédure.

Chez les personnes pesant moins de 50 kg, toutes les doses doivent être divisées par deux.

4 à 6 heures  
  • Une dose IM unique de kétorolac avant une intervention chirurgicale permet de diminuer le recours à des opiacés et la douleur postopératoire (de Oliveira 2012 ; Roche, 2011).
  • Ne pas utiliser chez les patientes souffrant d’ulcère peptique actif, d’insuffisance rénale, qui allaitent ou qui présentent une sensibilité vis-à-vis d’autres AINS.
  • Une douleur aiguë doit être traitée par des narcotiques plutôt qu’en augmentant la dose de kétorolac au-delà de la dose recommandée.
Analgésique Paracétamol Par voie orale : 500 à 1000 mg 30 à 60 minutes avant la procédure 2 à 4 heures  
  • Ne constitue pas un analgésique de première ligne pour une aspiration intra-utérine ou un avortement médicamenteux. Peut être utilisé comme antipyrétique.
  • Risque de toxicité hépatique en cas de surdosage (dose maximale = 4000 mg/jour).
Association narcotique/analgésique Paracétamol 300 mg + codéine 30 mg Par voie orale : 1 à 2 comprimés une heure avant la procédure 2 à 4 heures Somnolence ; étourdissements ; nausées et vomissements
  • Faire preuve de prudence en cas d’association avec d’autres médicaments contenant du paracétamol. Risque de toxicité hépatique en cas de surdosage (dose maximale = 4000 mg/jour).
Paracétamol 500 mg + hydrocodone 5 mg Par voie orale : 1 à 2 comprimés une heure avant la procédure 4 à 6 heures Somnolence ; étourdissements ; nausées et vomissements Faire preuve de prudence en cas d’association avec d’autres médicaments contenant du paracétamol. Risque de toxicité hépatique en cas de surdosage (dose maximale = 4000 mg/jour).
Narcotique Mépéridine

Par voie orale : 100 à 150 mg 30 à 60 minutes avant la procédure.IV : 25 à 50 mg 5 à 15 minutes avant la procédure.

IM/SC : 50 à 100 mg 30 à 90 minutes avant la procédure.

2 à 4 heures Somnolence ; étourdissements ; nausées et vomissements ; diminution de la fréquence respiratoire ; perte de conscience ; hypotension ; convulsions
  • L’administration IM ou SC est préférable à l’administration IV.
  • En cas de difficultés respiratoires, mettre en place une assistance respiratoire et administrer de la naloxone.
  • Effet plus rapide et durée d’action plus brève que la morphine.
  • Mépéridine 300 mg par voie buccale = 75 mg de mépéridine IV = 10 mg de morphine IV.
Fentanyl IV : 50 à 100 µg juste avant la procédure ; cette dose peut être répétée toutes les 5 à 10 minutes, ne pas dépasser 250 µg.IM : 50 à 100 µg 30 à 60 minutes avant la procédure. 4 heures Somnolence ; étourdissements ; faiblesse ; bradycardie ; diminution de la fréquence respiratoire ; perte de conscience ; hypotension ; convulsions
  • En cas de difficultés respiratoires, mettre en place une assistance respiratoire et administrer de la naloxone.
  • Effet plus rapide et durée d’action plus brève que la mépéridine.
  • 100 µg de fentanyl IV = 10 mg de morphine IV.
  • L’effet commence à se manifester 2 à 7 minutes après administration IV.
Tramadol IV/IM : 50 à 100 mg 15 à 30 minutes avant la procédure.Par voie orale ou rectale : 50 à 100 mg 60 à 90 minutes avant la procédure. 6 à 8 heures Somnolence ; étourdissements ; sudation ; faiblesse ; fatigue ; convulsions
  • En cas de difficultés respiratoires, mettre en place une assistance respiratoire et administrer de la naloxone.
  • Si administration IV, injecter lentement en 2 à 3 minutes.
  • Moindre dépression respiratoire qu’avec la morphine ou la mépéridine.
Anxiolytique (benzodiazépine) Diazépam Par voie orale : 5 à 10 mg une heure avant la procédure.IV : 2 à 5 mg 20 minutes avant la procédure. 30 à 60 heures Vision floue ; étourdissements ; désorientation ; douleur et rougeur au site d’injection ; diminution de la fréquence respiratoire ; perte de conscience
  • En cas de difficultés respiratoires, mettre en place une assistance respiratoire et administrer du flumazénil.
  • A un léger effet amnésiant.
  • L’effet commence à se manifester 1 à 22 minutes après administration IV.
Midazolam IV : 1 à 2 mg immédiatement avant la procédure puis 0,5 à 1 mg toutes les cinq minutes si nécessaire, ne pas dépasser 5 mg.IM : 0,07 à 0,08 mg/kg ou environ 5 mg jusqu’à une heure avant la procédure. 2,5 heures Vision floue ; étourdissements ; désorientation ; dépression du système nerveux central et dépression respiratoire
  • En cas de difficultés respiratoires, mettre en place une assistance respiratoire et administrer du flumazénil.
  • 2,5 mg de midazolam = 10 mg de diazépam.
  • Effet amnésiant plus marqué que le diazépam.
  • L’effet commence à se manifester 1 à 5 minutes après administration IV et 15 à 30 minutes après administration IM.
Lorazépam

Par voie orale : 1 à 2 mg 30 à 60 minutes avant la procédure.IV : 2 mg à administrer en une minute 15 à 20 minutes avant la procédure.

IM : 0,05 mg/kg avec un maximum de 4 mg dans les 2 heures qui précèdent la procédure.

14 heures Vision floue ; étourdissements ; désorientation ; diminution de la fréquence respiratoire ; perte de conscience
  • En cas de difficultés respiratoires, mettre en place une assistance respiratoire et administrer du flumazénil.
  • Effet amnésiant.
Antidotes des narcotiques Naloxone IV/IM/SC : 0,4 mg toutes les 2 minutes jusqu’à inversion des effets 1 à 1,5 heures  
  • La durée d’action de la naloxone est d’une heure et son activité peut s’atténuer avant celle du narcotique. Les patientes traitées par la naloxone doivent donc faire l’objet d’un monitorage attentif pendant plusieurs heures.
  • Veiller à la perméabilité des voies respiratoires et surveiller la respiration lors de l’administration de naloxone.
Antidote des benzodiazépines Flumazénil IV : 0,2 mg toutes les minutes jusqu’à reprise de la respiration. Ne pas dépasser 1 mg 1 heure  
  • La durée d’action du flumazénil est d’une heure et son activité peut s’atténuer avant celle de la benzodiazépine. Les patientes traitées par le flumazénil doivent donc faire l’objet d’un monitorage attentif pendant plusieurs heures.
  • En cas de surdosage de narcotiques et de benzodiazépines, commencer par neutraliser l’effet du narcotique par de la naloxone puis administrer du flumazénil si nécessaire.
  • Veiller à la perméabilité des voies respiratoires et surveiller la respiration lors de l’administration de flumazénil.
Traitement des réactions d’hypersensibilité / de l’anaphylaxie Adrénaline IM/SC : 0,2 à 0,5 mg toutes les 5 à 15 minutes.IV : 0,1 mg dilué dans 10 ml de sérum physiologique à administrer en 5 à 10 minutes. 1 minute Tachycardie ; palpitations ; nausées ; diaphorèse ; étourdissements ; anxiété
  • Il n’existe pas de contre-indications à l’adrénaline pour le traitement de l’anaphylaxie.
  • L’administration IM est préférable.
  • Envisager l’administration de 125 mg de méthylprednisolone IV.
  • Mettre en place une assistance respiratoire.
  • Intubation immédiate en cas de signes d’obstruction imminente des voies respiratoires.

Bibliographie

De Oliveira, G. S., Agarwal, D. et Benzon, H. T. (2012). Perioperative single dose ketorolac to prevent postoperative pain : a meta-analysis of randomized trials. Anesthesia & Analgesia, 114(2), 424-433.

Roche, N. E., Li, D., James, D., Fechner, A. et Tilak, V. (2011). The effect of perioperative ketorolac on pain control in pregnancy termination. Contraception, 85(3), 299-303.